La Côte «28.04.04: Aubonne - La ville subit à nouveau une vague de déprédations»

Un flot de graffitis souille les murs des bâtiments communaux et privés de la ville. Des dégradations de signalisations et des vols sont perpétrés depuis plusieurs mois. La Municipalité a déposé six plaintes auprès de la gendarmerie qui a ouvert une enquête. Le phénomène demeure cyclique à Aubonne, mais inquiète particulièrement les autorités communales. La dernière vague remonte à 1999 et, depuis septembre dernier, un noyau restreint de jeunes d’une quinzaine d’années, sème la pagaille en ville.
Nous avons près de 800 élèves au chef-lieu, une telle concentration engendre ces dérives, confie le chef de l’exécutif, Pierre-Alain Blanc.

Certains «fouteurs de troubles» ont été déplacés dans d’autres établissements scolaires de la région afin de dissoudre des noyaux nuisibles. Cette fois, le résultat n’a pas été concluant.

Les policiers réalisent une dizaine de rondes nocturnes.

Des soupçons sont portés sur un jeune de 9e de l’établissement d’Aubonne. Les parents semblent protéger leur progéniture. Et le syndic d’ajouter: il faut les surprendre sur le vif! Les deux agents locaux n’ont jamais réalisé autant de sorties nocturnes qu’ils doivent combiner avec leur travail journalier. En mars, nous avons fait 10 à 12 patrouilles nocturnes et ce rythme sera maintenu dans la mesure du possible, prévoit le sergent Christian Logos. Même si les moyens sont limités et que la gendarmerie aubonnoise n’est pas en mesure de les aider, ils ne veulent pas relâcher la pression. «Ils» se sentent surveillés. Nous avons atteint le creux de la vague actuellement, ajoute ce policier municipal.

Une bagarre entre 60 jeunes a rendu impuissante la police. Face à des situations délicates, les deux policiers se sentent impuissants: dimanche dernier, une bande aubonnoise de hip-hop s’est battue sur l’Esplanade du Chêne avec une bande rivale extérieure. En tout, 60 jeunes se sont bagarrés et ont dégradé du matériel de voirie. La police ne pouvait qu’observer la scène. Imaginez deux personnes contre 60! Tant qu’il n’y a pas de blessé, l’intervention n’est pas prioritaire pour la gendarmerie, explique Pierre-Alain Blanc.
Ces déprédations ont un coût qui s’évalue à plusieurs milliers de francs et nuisent à la sécurité des automobilistes, par exemple. De plus, certains graffitis et tags, effacés dernièrement, ont clairement insulté le directeur des écoles. Pour le sergent Logos, la situation n’est pas catastrophique. Mais il faut saisir le problème avant que cela ne s’aggrave.

Rappelons que le local des jeunes avait été partiellement fermé, il y a plus de six mois, en raison d’importants dégâts perpétrés par des bandes d’adolescents.

Un incendie à la déchetterie s’est déroulé en parallèle. Le lien entre la série de déprédations qui sévit en ville et l’incendie du couvert en bois de la déchetterie n’est pas établi. Ce sinistre est survenu dans la nuit de mercredi à jeudi derniers alors qu’aucune matière inflammable ne se trouvait sous et à proximité de ce couvert en bois, qui a été détruit. Selon le rapport du responsable de la déchetterie, l’acte est malveillant.

Philippe Cadoux