Message aux élèves par Blaise Golay

Non au Développement durable, non à la mobilité douce, non au tri des déchets, non au respect des lois et de la Constitution fédérale, oui à l’hypocrisie des adultes érigée en valeur :

À Aubonne, directeur et autorités politiques et scolaires habitent sur une autre planète.

Aubonne a mal à ses jeunes cyclistes

Échange de messages très salés

L’incivilité des adultes est bien plus grande à Aubonne qu’ailleurs ; donc celle des jeunes l’est aussi

Mensonges, hypocrisie, mobilité douce et développement durable

«Vous savez, m’sieur, le tri des déchets,….»

Mes remerciements pour la 9VSO de l’année 2003-4 d’Aubonne qui me fit découvrir le seul moyen acceptable de lutte contre la délinquance juvénile

Mon départ d’Aubonne

Message aux adultes :

Le seul remède efficace et éthiquement acceptable pour remédier à la délinquance juvénile.

Pas beaucoup d’illusion…

Confirmation de tout ceci par des personnes faisant références en Suisse et à l’étranger : Isabelle Chassot, cheffe de l’instruction publique fribourgeoise,  les protagonistes du film Gros mots petits sabots et ceux du film-culte Rhythm is it !

Message aux élèves par Blaise Golay

J’ai été remplaçant itinérant (= qui se déplace tout le temps) pendant huit ans, je connais donc beaucoup d’écoles secondaires. Presque toutes offrent aux élèves un abri couvert pour leur vélo. Par exemple ceux que vous voyez ci-contre, à Morges.

 

 

À Chavornay, on a fait mieux encore : un deuxième se situe près de la gare CFF avec un grand écriteau « réservé aux élèves ». À Chavannes-près-Renens, l’abri des vélos est sous surveillance vidéo.

 

Tout ceci n’est pas de la générosité, mais une obligation légale (= qui vient d’une loi, qui est rendu obligatoire par une loi). Car la pollution par le trafic routier fait que les pluies deviennent acides et corrodent ainsi tout le vélo, même des pièces en alu. Trois lois ordonnent aux pollueurs - donc aux conducteurs de véhicules à moteur  - de prévenir (= empêcher le plus possible) et réparer les dégâts causés par leur pollution :

 

1. L’art. 74 de la Constitution fédérale, la loi la plus haut placée en Suisse. L’article est reproduit ici, partie importante ou concernant les abris à vélos soulignée:

Art. 74 Protection de l’environnement

1 La Confédération légifère sur la protection de l’être humain et de son environnement naturel contre les atteintes nuisibles ou incommodantes.

2 Elle veille à prévenir ces atteintes. Les frais de prévention et de réparation sont à la charge de ceux qui les causent.

3 L’exécution des dispositions fédérales incombe aux cantons dans la mesure où elle n’est pas réservée à la Confédération par la loi.

2. L’art. 59a de la Loi fédérale sur la protection de l’environnement, reproduit ici, partie importante concernant les vélos soulignée:

Art. 59a Dispositions générales

1 Le détenteur d’une entreprise ou d’une installation qui présente un danger particulier pour l’environnement répond des dommages résultant des atteintes que la réalisation de ce danger entraîne. En cas de dommage dû à l’utilisation d’organismes pathogènes, l’art. 59abis est applicable.

 

Ces deux premières lois sont l’une des bases de ce que vous connaissez sous le nom du principe du pollueur payeur.

 

3. L’art. 144 du Code pénal suisse (CPS), reproduit ici, partie importante concernant les vélos soulignée :

Art. 144

Dommages à la propriété

1 Celui qui aura endommagé, détruit ou mis hors d’usage une chose appartenant à autrui ou frappée d’un droit d’usage ou d’usufruit au bénéfice d’autrui sera, sur plainte, puni de l’emprisonnement ou de l’amende.

2 Si l’auteur a commis le dommage à la propriété à l’occasion d’un attroupement formé en public, la poursuite aura lieu d’office.

3 Si l’auteur a causé un dommage considérable, le juge pourra prononcer la réclusion pour cinq ans au plus. La poursuite aura lieu d’office.

 

Si les vélos sous la pluie ne subissaient que des dégâts naturels (donc uniquement de la rouille), l’application de ces deux premières lois serait discutable. Mais les dégâts ne sont pas naturels uniquement, donc les motorisés devraient protéger les vélos contre leurs pluies acides aussi quand ceux-ci roulent, ce qui n’est techniquement pas possible. Ils doivent alors les protéger d’autant plus à l’arrêt. Donc par des abris contre la pluie, contre leurs pluies acides.

 

Qu’un article du code pénal soir mentionné ici est étonnant mais s’explique très bien (voir ci-dessous).

Haut de page

Aubonne a mal à ses jeunes cyclistes.

L’établissement primaire et secondaire de cette ville et des communes avoisinantes est divisé en trois lieux : 1. Le Chêne, qui héberge entre autres tous les primaires et les 5e années, donc les plus jeunes élèves (sur l’image 1 : bâtiment Nord) ; 2. Le Château, et 3. Pré-Bolan, endroit isolé des 2 autres où se trouvent tous les élèves en VSO (voie sec. à options, menant à un apprentissage). L’établissement n’a aucun couvert à vélos au Chêne. Les plus jeunes élèves avaient alors tout naturellement appuyé leur vélo contre l’un des murs de l’école où ils sont protégés par l’avant-toit et où ils ne dérangent personne (ni passage ni cour de récréation) : soit au nord de la salle de gym (sur l’image 2 : les vitres de la salle de gym  résistent à des ballons, etc. et là où s’appuyaient les guidons et selles, les vitres s’interrompent par une bande d’acier). Ou au sud de celle-ci, sous un avant-toit ondulant (image 3).

1

 

 

23

 

Mais le concierge du Chêne, Yves Jotterand (ch. du Collège 11, 1170 Aubonne, tél. 021 808 60 06) les a jetés systématiquement sur la route, donc à la pluie (et mon vélo aussi). Conséquences : plus aucun élève n’est venu à l’école en vélo, même après avoir quitté le Chêne pour le Château, car dégoûtés (et ce malgré la présence d’un abri à vélos au Château, image 6). En restant des matinées entières sous la pluie, leurs vélos auraient été juste bons pour la casse bien avant la fin de l’année scolaire. C’est surtout les freins qui sont menacés par cette pratique : la corrosion provoque l’agglutination des câbles dans et contre la gaine, et le cycliste ne peut plus freiner. Le comportement d’Yves Jotterand est donc un cas très grave de vandalisme et tombe sous le coup de l’art. 144 du Code pénal suisse (CPS). (Voilà pourquoi j’en ai souligné le § 3 du texte de la loi, voir ci-dessus.) Vandalisme approuvé ou toléré par le directeur de l’établissement, Benoît Mesnier, et par les autorités municipales et scolaires d’Aubonne.

Haut de page

Le directeur de l’établissement, M. Benoît Mesnier, la municipale des écoles d’Aubonne, à l’époque Mme de Tscharner, et le syndic (maire) d’Aubonne, M. Pierre-Alain Blanc, connaissaient parfaitement bien le comportement d’Yves Jotterand et qu’il tombait sous le coup de l’art. 144 CPS, de la loi fédérale sur la protection de l’environnement et de la Constitution fédérale, et n’ont jamais rien fait pour y mettre fin. Trois fois par semaine, je devais me rendre du Chêne à Pré-Bolan (je me déplace en vélo) et le comportement d’Yves Jotterand me fit souvent arriver en retard plus que nécessaire. Le directeur, la municipale et le syndic me firent alors des tas de promesses lors d’une réunion le 31.10.2003, mais aucune ne fut tenue. (Lors de cette réunion, on discuta aussi du tri des déchets, voir plus bas.)

Ainsi le syndic Blanc me promit qu’un abri pour vélos serait mis à l’enquête publique en décembre 2003 ou janvier 2004. Mais rien ne se fit. En mars ou avril 2004, il me promit alors une nouvelle enquête pour mai ou juin 2004. De nouveau rien du tout. Le toit de l’abri serait récupéré d’un toit en verre, qu’on voit maintenant au milieu de l’image 1 reposer sur 6 piliers.

Le directeur me promit la fin du mobbing exercé contre moi par Yves Jotterand, mais cette promesse aussi ne fut pas tenue.

4

5

 

 

L’excellent concierge de Pra-Bolan installa des cerceaux à vélo devant la salle de sciences, à l’abri de la pluie (image 4). Quelques élèves de VSO ont alors réutilisé leur vélo pour aller à l’école. (Mais quand je pris la photo en décembre 2005, après avoir quitté l’établissement, les cerceaux ne s’y trouvaient déjà plus…)

Je proposais alors en mars 2004 au syndic Blanc de permettre le parcage des vélos à côté de l’entrée du bâtiment Nord du Chêne (image 1 et schéma 1). Le bâtiment offre lui-même un couvert à son entrée (coin sud-ouest) reproduit ci-dessous. Il refusa, les vélos appuyés contre le mur auraient abîmé celui-ci. Je proposai alors de mettre des cerceaux à vélos, comme avait fait le concierge de Pra-Bolan, les vélos ne toucheraient ainsi plus le fragile sacro-saint mur. Encore un refus : cela impliquerait alors qu’on y permette le parcage de vélomoteurs, avec leurs nuisances : tâches d’huile, bruit, pollution. Argument idiot, comme vous le constatez sur l’image 5: Même la signalisation routière prouve qu’il n’y aucune obligation de permettre la venue de vélomoteurs là où l’on permet la venue de vélos.

 

Le concierge de Pra-Bolan ayant laissé le prix sur les cerceaux, j’ai vu qu’une place à vélo ne coûte que 20 francs. En plus les proportions sur le schéma du couvert du bâtiment nord du Chêne ne sont pas exactes : il y a de la place pour 10 vélos, l’espace entre le 10e et la porte serait plus grand. Et quand il pleuvait, il n’y avait au plus que 3 personnes venant à l’école à vélo, dont moi. (Entre temps et sauf erreur, la barrière a été enlevée.)

Bref, les arguments pour empêcher les gens de venir à l’école à vélo, pour justifier le vandalisme du concierge et pour violer les lois et la Constitution fédérale, c’est vraiment n’importe quoi.

schéma 1

Haut de page

 

La politique anti-cycliste des autorités scolaires et politiques d’Aubonne a parfaitement fonctionné : même quand les élèves grandissent et quittent le Chêne pour le Château, lieu qui a son abri à vélos (image 6), ils ne viennent plus du tout à l’école en petite reine. Mis à part avec le mien, cet abri est toujours resté vide de vélos et n’a été rempli que par des motos, scooters ou vélomoteurs. Et ce qui aurait dû devenir un abri à vélos au Chêne, selon le syndic, comme vous le voyez sur l’image 1, n’a ni vélos ni cerceaux à vélos. Pourtant l’image à été prise un mardi ensoleillé vers 11 heures, le 6 décembre 2005 spécialement doux pour la saison. Venir à l’école à vélo se serait fait sans ni neige, ni pluie, ni transpiration…

6

 

Comble d’ironie : là où, grâce à l’excellence du concierge de Pra-Bolan, les élèves parquaient leur cycle à l’abri des pluies acides sans faire ni bruit ni pollution ni tâche d’huile, et bien vous voyez sur l’image qu’il n’y a plus ni vélos ni cerceaux à vélos, mais un vélomoteur, dont le syndic Blanc se plaint (prétendument) des tâches d’huile, du bruit et de la pollution !

 

Échange de messages très salés

Dans un message électronique adressé aux autorités scolaires et politiques d’Aubonne le 12 octobre 2003, j’affirmai que les autorités scolaires et politiques envoyaient aux élèves en commettant leurs actes un message non verbal, dont voici la traduction verbalisée dans l’encadré ci-dessous. Ils n’ont jamais contesté émettre ce message ni sa traduction :

 

Avec M. Jotterand, qui enlève les vélos parqués à l’abri de la pluie pour les mettre exprès à la pluie, vous adressez alors avec vos actes le message suivant aux élèves du Chêne:

 

« Chers élèves du Chêne,

« Nous, responsables municipaux et de bâtiments scolaires, polluons inutilement avec nos véhicules. Certes nos trajets, comme les vôtres, sont nécessaires, mais leur motorisation est abusive, le plus souvent. Chaque année, avec les autres motorisés, nous tuons, en polluant l’air, 900 personnes en Suisse (2000 selon le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger). Et coûtons 7 milliards de francs au reste de la société. La pollution se mêle aux pluies, qui deviennent acides et corrodent (= rongent) vos vélos, surtout leurs parties vitales, même celles en aluminium, supposées ne pas rouiller. (Pire encore avec notre salage, en hiver.) Mais les carrosseries protègent les parties vitales de nos véhicules.

« Quoique nous soyons seuls fautifs de cette pollution qui tue, et vous pas du tout avec vos vélos, nous vous interdisons et empêchons de parquer vos vélos à l’abri de notre pollution et de nos pluies acides. Nous abîmons ainsi vos vélos et augmentons la probabilité que vous ayez un grave accident. Car la rouille et les pluies acides dont nous sommes fautifs finissent par bloquer (parfois couper) dans leur gaine les câbles de frein des vélos passant de longues matinées immobiles sous la pluie. 

« Nous ne vous rembourserons bien sûr jamais les dégâts infligés à vos vélos par notre faute. Si vous voulez les éviter, ainsi que ce risque d’accident, vous devez ne plus venir à l’école à vélo par temps incertain. Si ce n’est pas possible, tant pis pour vous.

« Veuillez agréer, chers élèves du Chêne, nos salutations distinguées. »

 

Haut de page

L’incivilité des adultes est bien plus grande à Aubonne qu’ailleurs ; donc celle des jeunes l’est aussi. C’est très, très logique.

 

Camarades jetés dans des conteneurs à déchets, violence dans les bus scolaires au point que le chauffeur doive s’arrêter au milieu du trajet, mine de compas bloquant les serrures, pneus de vélo crevés, carrosseries de voitures de profs rayées au couteau, profs chahutés comme nulle part ailleurs au point qu’un doyen svelte et sportif en fasse une dépression qui l’a rendu si boulimique qu’il est maintenant encore plus obèse que Daniel Brélaz

Quelques détails « piquants », c’est le cas de le dire : quand des carrosseries de voitures de profs furent rayées au couteau, le directeur Benoît Mesnier se fendit d’un communiqué affiché sur le panneau officiel et promettant les pires foudres aux coupables s’ils étaient retrouvés. Mais pour les pneus de mon vélo, rien…

Généralement quand une classe « disjoncte », on en expulse entre 2 à 4 meneurs vers d’autres établissements scolaires séparés pour casser le « noyau dur ». Mais cette fois, avec une  des classes de VSO (année 2003-4), ce furent cinq bons élèves qu’on retira pour leur sécurité corporelle et qu’on répartit ailleurs car on considéra que c’était l’ensemble des 13 autres élèves qui disjonctaient complètement (ce qui était vrai !). Ces cinq bons élèves furent donc punis à la place des autres. Lesquels se firent remarquer dans la presse.

 

Mensonges, hypocrisie, mobilité douce et développement durable

Quelle sorte de message concernant le développement durable, l’éducation à la citoyenneté, etc. est officiellement distillée aux élèves d’Aubonne ? Avec les affiches pour le tri des déchets (voir ci-dessous), il y a ce joyeux petit film. Voyez :

« Les Envahisseurs » (partie du générique en image 1) est un film se trouvant dans le matériel didactique du chef de file de sciences. On y dit aux élèves que, la pollution menaçant notre air et le climat, il faut remplacer la voiture par les vélos (image 2) et mettre les camions sur les trains (image 3). C’est alors seulement, conjointement à d’autres mesures en rapport avec l’industrie et les chauffages, que notre couple d’amis (image 4) chassera « les envahisseurs », personnages peu amènes incarnant la pollution. Les élèves ne sont pas les seuls à être invités à ne pas polluer : le personnage principal est un adulte qui, pour séduire sa belle (image 4), troque sa voiture (image 5) pour un vélo (image 6).

12

34

56

En image 5, pris dans un bouchon, il vient de se faire dépasser par sa belle par la droite en vélo, ce qui provoque son air ahuri, puis sa prise de conscience salutaire illustrée en image 6 avec un grand sourire.

 

La différence entre l’enseignement donné par exemple par ce film figurant parmi les moyens pédagogiques de l’établissement et les actes de vandalismes que se permettent les adultes (par Yves Jotterand interposé) sur les vélos des élèves montrent que ces mêmes adultes de l’établissement scolaire d’Aubonne ne respectent rien ni personne. Ce n’est donc pas étonnant que certains élèves « pètent les plombs ». C’est même souhaitable. C’est un message que les Tartuffes d’Aubonne refusent d’entendre et d’écouter.

Haut de page

Et ce n’est pas tout. Si, entre le Chêne, le point le plus bas, et Pra-Bolan, le point le plus haut, le trajet d’une longueur de 2,8 km est plus rapide en voiture qu’en vélo dans le sens de la montée, il n’en est pas de même entre le Chêne et le Château. Ces deux lieus, entourés d’un rectangle ou d’un carré jaune sur la carte ci-dessous, ne sont distants que d’un kilomètre, et en plus le trajet comporte deux endroits où les voitures ne peuvent pas se croiser, signalés par les flèches rouges. Et en plus polluer dans des petites rues étroites, quel gâchis ! (Dans le cercle rouge se trouve l’habitation du directeur, qui vient chaque jour… en voiture bien sûr.) Donc entre ces deux lieus le trajet par vélo est plus rapide, dans les deux sens.

 

Et bien tout ça n’empêche pas notre charmant directeur de mettre des annonces pour un(e) prof qui travaillera uniquement au Château et au Chêne et d’y mettre que la voiture est nécessaire !

 

Etat de Vaud

Etat de Vaud



Date : 20/06/2006

Offre d'emploi

Heure :12:20:56

 

Emploi proposé:

Spécialiste 7/8/9

 


Etablissement:

Aubonne secondaire (20200)

Lieu de travail:

Aubonne Chêne /Château

Adresse Web:

 


Description du poste:

9 périodes mathématiques CYT 5 et sciences 9 VSB

 


Profil du candidat:

Spécialiste mathématiques et sciences

 


Contrat d'engagement

CDD (1 année), Contrat de durée déterminée (1 année)

Durée de l'engagement:

du 01.08.2006 au 31.07.2007

 


Remarque:

Voiture nécessaire

Contacter:

EPS Aubonne Le Château 1170 Aubonne Benoit Mesnier, directeur

Email:

eps.aubonne@vd.ch

N° d'annonce:

1626 Créé le : 16/06/2006 14:04:23-DIR-MESNIER Muté le :16/06/2006 14:09:59-DIR-MESNIER

 


 

Fin de la liste


 

Liste des offres d'emploi

Copyright DFJ
Gestion des maîtres
Secrétariat Général du Département de la Formation et de la Jeunesse

 

Si vous croyez avoir atteint, en ayant lu jusqu’ici, le sommet de l’horreur scolaire vaudoise, vous vous trompez lourdement. Lisez la suite.

 

Haut de page

«Vous savez, m’sieur, le tri des déchets...»

 

À Aubonne comme partout se trouvaient des affiches invitant au tri des déchets. Trois affiches immenses rien que pour la salle de sciences du Chêne. Affiches efficaces, attrayantes, mêlant dessins et textes explicatifs bien faits, bref des réussites pédagogiques. Installées depuis longtemps, bien avant mon arrivée. De telles affiches se trouvaient aussi au Château et à Pra-Bolan. Mais les élèves ne disposaient jusqu’en octobre 2003 que de la poubelle unique. Suite à mon intervention lors de la séance où l’on parla aussi de vélos (la même que mentionnée plus haut, en octobre 2003), le tri a pu enfin se faire (comme presque partout dans les autres établissements). En effet, des conteneurs à alu, PET, déchets organiques, etc. furent installés dans la cafétéria du Chêne (la seule de tout l’établissement, appelée « pause-croque »), donc fréquentée par tous les âges et catégories d’élèves.

 

Quand je vis pour la première fois les conteneurs, je manquai de m’étrangler de stupéfaction : ils étaient immenses et laids. La « pause-croque » ressemblait presque davantage à une déchetterie qu’à une cafétéria. Moi, je les aurais choisi plus petits, plus discrets… J’aurais proposé qu’on les décore, ou quelque chose comme ça. Mais il se peut aussi que ce choix fût inévitable. Alors bien sûr je n’émis aucune critique, rien que des félicitations. Pour la seule fois que l’établissement se donnait en matière d’éducation à la citoyenneté, ce n’était pas le moment de critiquer.

 

Au début, lors de la pause de midi, je reçus des compliments des élèves ne faisant pas partie de mes classes, me félicitant pour la cohérence, pour ma volonté de voir enfin s’appliquer ce qu’on enseigne. Mais mes collègues n’ont pas suivi, aucun. Et les élèves l’ont bien vu.

 

Dans la salle des maîtres du Chêne, et contrairement à ce qui se fait ailleurs dans l’école publique vaudoise, les élèves y entrent souvent pour des cours d’appui, des entretiens avec leurs enseignants et/ou avec leurs enseignants et leurs parents. Ils y ont vu que leurs profs ont continué à jeter tous leurs déchets dans une seule poubelle, y compris les capsules de café du type nescafé, alors que l’incinération de l’aluminium est néfaste et que le marc du café est l’un des meilleurs ingrédients pour le compost. Ils ont vu aussi que le tri des déchets n’était possible que dans « leur » cafétéria, et qu’un seul prof y amenait ses déchets pour les répartir dans les divers conteneurs permettant le tri : moi. Ils virent aussi que l’installation des divers conteneurs avait fortement augmenté l’hostilité que me témoignaient certains adultes de l’établissement à cause des vélos, en particulier celle du concierge Yves Jotterand.

 

Conséquences : les compliments des élèves ne faisant pas partie de mes classes se muèrent petit à petit mais inexorablement en phrases ironiques telles celle-ci :

« Vous ne craigniez pas que, sans que vous le sachiez, ils reversent tout dans un seul conteneur, après ? »

Des petits élèves (du primaire ou parmi les plus jeunes du secondaire) vinrent une fois vers moi pour me dire, tout fiers :

« Nous, on vient de mettre tous nos déchets dans le faux containère, lalalère, lalalère ! »

Enfin vers la fin de l’année scolaire je reçus cette phrase d’un grand élève qui exprime si bien la philosophie des adultes du lieu en matière d’éducation à la citoyenneté :

« Vous savez, m’sieur, le tri des déchets, ça ne sert à rien. »

Haut de page

 

Remarques sur cette page web

 

Le plus visible et le plus grotesque mais pas le seul, au contraire

L’établissement scolaire d’Aubonne est celui où l’incohérence et l’incivilité des adultes sont les plus visibles et grotesques dans le canton, mais celles-ci sont généralisées. Certes, c’est le seul à ma connaissance où les vélos des élèves sont l’objet d’actes de vandalisme protégés par la direction, mais partout ailleurs la majorité écrasante des enseignant(e)s motorisent abusivement leur trajet pendulaire (lequel bien sûr n’est pas remis en cause comme tel), générant ainsi pollution, réchauffement climatique, décès par pollution, maladies respiratoires chez les petits enfants, bétonnage du sol suisse à raison de 1 m2 par seconde, destruction des repères dont les jeunes ont besoin pour grandir. Si certaines écoles privées ont des objectifs très spécifiques et drainent de la sorte des élèves de très loin, nécessitant la motorisation de bien des trajets, par contre l’école publique est une école de proximité, certes pas toujours proches des domiciles des enseignants, mais toujours atteignables en vélos et/ou en transport public.

 

Généralisé

L’incohérence et l’incivilité des adultes s’expriment surtout en matière de cigarettes, et pour ça l’établissement d’Aubonne n’en a de loin pas le monopole. Les élèves vaudois prennent deux heures d’arrêt quand surpris à fumer. Les lois fédérales interdisent sans nuances la pub pour le tabac ciblant les jeunes de moins de 18 ans. Mais la société Philip Morris dont le siège mondial est depuis peu à Lausanne viole ces lois et cible les élèves de 10 à 13 ans avec sa pub pour les Marlboro, sans aucune retenue. En outre elle crache sur toutes les valeurs enseignées par l’école vaudoise en matière de développement durable, exploitation du travail forcé d’enfants, réchauffement climatique, générations futures, etc. Pour se faire, elle obtient non pas seulement la complaisance, mais surtout l’appui enthousiaste et frénétique, sous forme de 14 violations du Droit suisse, de toutes les autorités judiciaires, politiques et surtout scolaires cantonales et lausannoises.

 

Faux dans les titres

Pire encore : les « juges » vaudois et fédéraux produisent en sa faveur des faux dans les titres par wagons entiers au vu et au su des autorités et fonctionnaires scolaires tels A.-C. Lyon (DFJ), Pierre Kolly (DGEO), Daniel Christen (DGEO), Marc Honsberger (HEP), Philippe Rovero (HEP), François Gingins (HEP), Oscar Tosato (municipal lausannois des écoles) sans provoquer chez eux la moindre réserve. Alors que cette firme s’attaque à l’intégrité corporelle des élèves et à leurs repères. Après ça, que doit penser un(e) élève qui s’est ramassé 2 heures d’arrêt pour avoir passé à l’effaceur une mauvaise remarque dans son agenda ?

 

Haut de page

Mes remerciements à la 9VSO de l’année 2003-4 grâce à laquelle je découvris la seule manière efficace et éthiquement acceptable de lutter contre l’incivilité des jeunes (d’un point de vue acceptable pour une école laïque).

 

1. La 9VSO de l’année 2003-4 d’Aubonne, je lui dois beaucoup. C’est beaucoup grâce à elle que j’ai pu vérifier empiriquement ce que je pensais sur la délinquance juvénile. Dont la cause est la destruction des repères dont les jeunes ont absolument besoin pour grandir – ça, tout le monde ou presque est d’accord. Par contre j’ai acquis la certitude non seulement que cette destruction n’a pour origine ni « Mai 68 » ni « la démission ou l’incompétence des parents » ni « la TV et les jeux vidéos », mais aussi que ceux qui affichent le plus souvent ces prétendues causes savent que c’est faux, donc mentent et trouvent leur intérêt dans ce mensonge. Et je sais qu’aussi bien la délinquance juvénile que l’échec scolaire et les dysfonctionnements de l’école publique trouvent leurs causes et leurs remédiations presque exclusivement dans le domaine de l’éthique. Ça, je l’ai expérimenté empiriquement. Et je me le suis fait confirmé par… Isabelle Chassot, la cheffe de l’Instruction publique fribourgeoise. Pas moinsse !

 

2. Expériences solides

Je sais de quoi je parle. En plus de l’école obligatoire j’ai donné des cours à des jeunes adultes complètement désemparés entre autres pour le compte de Caritas et de La Maison des Jeunes (Lausanne). Ils y venaient entre autres de Valmont (internat carcéral). Ils se trouvaient dans cette situation pour cause de drogues, de délits divers, de situation de famille désastreuse (inceste, etc.), d’échec scolaire rédhibitoire, de guerre dans les Balkans. Voilà comment ceux ayant grandi en Suisse me dirent percevoir les enseignants de la scolarité obligatoire: ils ne sont rien d’autres que des menteurs et des hypocrites - un leitmotiv pour eux. Ils respectent parfois leurs éducateurs – ils ont une autre provenance, selon eux – mais je fis la gaffe de dire que j’étais issu de l’école obligatoire – qu’est-ce que j’ai dû entendre !

Comment sont perçus les enseignants de la scolarité obligatoire

Ils n’explicitent pas complètement mais bien plus que leurs camarades plus jeunes le sentiment que les enseignants leurs ont systématiquement menti dans les domaines existentiels suivants : cigarettes (sans la déforestation tropicale et l’exploitation du travail forcé d’enfants pratiquées par les cigarettiers, restant inconnus d’eux), drogues, environnement – « on est de toute façon foutus » - futur et générations futures, géopolitique mondiale, quelques autres sujets existentiels.

 

3. Champ d’expérience (si je puis dire)

3.1. La décision de retirer les 5 bons élèves de la 9VSO de l’année 2003-4 d’Aubonne découle du fait que le maître de classe (MC), Marc Meneghin, et le directeur (entre autres) estimèrent que les 13 autres élèves dysfonctionnaient (cette décision a été violemment critiquée en conférence des maîtres), pas seulement un noyau dur de 2 ou 3. Celui-ci fut quand même expulsé au printemps 2004 vers Rolle et Gimel. Mais le MC resta très apprécié.

3.2. Élèves trop impolis : Le médiateur scolaire claque la porte

J’étais plutôt malmené par cette classe. Je ne suis pas quelqu’un qui « en impose » par sa seule présence corporelle. Les élèves l’ont bien vu. J’ai proposé au médiateur d’intervenir, il me le déconseilla, les élèves étant selon lui trop impolis, mais il accepta. Pra-Bolan est situé en haut d’une côte, je circulais en vélo, donc arrivais parfois en transpirant, ce fut l’un des reproches formulés à mon endroit par quelques élèves, filles surtout. Les élèves en bloc se montrèrent cependant tellement impolis du goût du médiateur que celui-ci partit au milieu de la séance en claquant la porte et en leur attribuant tous les torts.

3.3. Tentative très risquée

Je ne voyais alors plus comment renouer le dialogue pédagogique avec cette classe. Ainsi je pris le risque de distribuer un texte aux élèves de cette classe en punition ou en heures d’arrêt, de le leur faire lire et copier, puis de les faire répondre à des questions. Dans ce texte, dont voici le lien, je leur ai explicité l’incohérence des adultes, leur ai démontré l’unicité entre mes paroles et mes actes dans toutes les questions pour eux (et pour nous) existentielles et les ai invités à se demander qui sont les vraies victimes de leurs chahuts : les adultes, ou des camarades dont ils détruisent la vie scolaire et qui voudraient une bonne scolarité pour faire ensuite un bon apprentissage ? J’eus le sentiment de prendre un risque énorme : et si le doyen chargé de surveiller les élèves en heures d’arrêt lisait ce texte ? La veille même de ces heures d’arrêt, le pneu arrière de mon vélo était encore une fois crevé.

3.4. Miracle – entreprise mieux que réussie !

Mais le miracle eut lieu, et même au delà de mes espérances : je pus instaurer immédiatement avec cette classe une relation qui ferait pâlir d’envie les enseignants de la meilleure classe de la VSB. Avant, quand le directeur avec sa stature d’armoire à glace entrait dans cette classe, il obtenait du coup le silence et je l’enviais parfois. Mais ces élèves-là ne témoignaient pour lui que de la crainte, ou sinon du respect que pour sa fonction. Comme l’indiquerait l’article de presse déjà mentionné. Après, c’est lui qui eût pu être jaloux de moi : moi, le gringalet, j’avais avec ces élèves une relation basée sur le pédagogique et l’affectif. Au vu de ce qu’on enseigne en matière de développement durable, mes déplacements en vélo furent perçus comme une marque de respect. Ce sont des filles, qui s’étaient plaintes de mes trajets à vélo, qui me fournirent l’information la plus utile pour mon travail de diplôme pour la HEP et consacré à la pédagogie des campagnes antitabac (et qui ne fut bien sûr jamais validé, qui s’en étonnerait ?). Ayant vu le reportage sur l’exploitation du travail forcé de petits enfants pour la récolte et le séchage du tabac que je présentai à la classe, scandalisées du traitement infligé à ces enfants, sachant que la société Philip Morris était mise en cause directement par Le Monde diplomatique pour cette répugnante pratique, elles m’informèrent qu’elles étaient quand même trop dépendantes pour pouvoir arrêter de fumer leurs Marlboro.

La situation de mes collègues (sans le MC), chahutés comme je l’avais été, ne changea qu’à la suite de l’expulsion du « noyau dur » vers d’autres établissements.

 

Il faut bien prendre conscience que cette réconciliation miraculeuse mais vraie ne doit rien à mes compétences en pédagogie, didactique et gestion de classe, mais uniquement à mon éthique et à celle des élèves.

 

Le 1er mars 2004, je ne pus pas participer à une conférence des maîtres facultative et spéciale consacrée à la pénibilité du métier de profs en rapport avec l’indiscipline des élèves. J’ai envoyé alors au directeur le message, dont voici le lien, pour qu’il le lise aux participants, ce qu’il ne fit pas. Pas étonnant : j’appris plus tard que le seul objet discuté était le « tarif » à appliquer aux élèves indisciplinés…

 

Mon départ d’Aubonne

C’est avec soulagement que j’appris qu’une place de prof de science se libérait dans un autre établissement pour 2004-5. J’ai postulé et j’ai eu cette place. Comme il est d’usage lors de la cérémonie des promotions, le directeur dresse la liste des nouveaux enseignants puis celle de ceux qui partent. Lors de la lecture de la liste des partants, le directeur Benoît Mesnier « m’oublia ». Alors une des filles de la 9e VSO, dont j’ai parlé ci-dessus, lui cria depuis les rangs du public : « Monsieur Mesnier, vous oubliez Monsieur Golay ! » Tout ce qu’elle obtint comme réponse fut un rageur « Pchchchchchchchchchchchchchchchtt ! »

 

Haut de page

 

Messages aux adultes.

Voici le seul remède efficace et éthiquement acceptable pour remédier à la délinquance juvénile.

Il est scandaleux de vouloir lutter contre la délinquance juvénile aussi longtemps que les jeunes ne reçoivent du respect – quand ils en reçoivent ! – que pour leur seul présent immédiat, et absolument aucun respect pour leur futur rôle de parents et de grands-parents.

Le respect pour leur seul présent immédiat émane principalement de profs qui cherchent ainsi à ne pas se faire chahuter. Et ce présent immédiat reçoit aussi un fort mépris, dont le suivant, qui est loin d’être le seul. Quand un chauffard tue un occupant d’une voiture – dans une voiture, il y a au moins un adulte – la peine encourue se mesure en année et est ferme. Quand un chauffard tue un piéton ou un cycliste – autonomes, les enfants ne peuvent être que piétons ou cyclistes – la peine se mesure en mois, et est presque toujours assortie du sursis.

 

Alors voici les conditions absolument nécessaires pour que la lutte contre la délinquance juvénile puisse se faire, autrement dit pour que s’arrête la destruction des repères dont les jeunes ont besoin pour grandir :

-          Sauf si vous êtes conducteur(trice) de véhicule d’urgence, tracteur agricole, machine de chantier, taxi, voiture de livraison ; sauf si vous êtes âgé(e) ou handicapé(e), boycottez immédiatement et complètement toutes les voitures, scooters, motos, etc. fonctionnant au pétrole (essence, diesel), gaz ou biocarburant. N’utilisez plus que votre vélo et/ou les transports publics. Exigez par écrit des lobbies des pétrole/voitures de n’avoir que des voitures à piles à combustible, comme cela commence à se faire déjà depuis plusieurs années en Californie grâce à « Schwarzi ». Faites-leur savoir que vous ne recommencerez à acheter leurs produits que quand ces conditions seront intégralement satisfaites. Faites passer le message partout pour que cette démarche soit suivie partout. Faites-le savoir à tous les élèves.

-          Exigez par écrit la fin immédiate et sans condition de toutes les infractions pénales et des violations de lois commises par et/ou pour les cigarettiers installés chez nous, en particuliers la violation de la loi fédérale interdisant de cibler les jeunes de moins de 18 ans avec la pub pour le tabac. Faites-le savoir à tous les élèves.

-          Exigez par écrit la fin immédiate et sans condition de toute complicité de la part de vos autorités politiques et judiciaires dans les atteintes à l’intégrité de la forêt tropicale et de ses sols pour cause de production et séchage du tabac. Faites-le savoir à tous les élèves.

-          Exigez par écrit la fin immédiate et sans condition de toute complicité de la part de vos autorités politiques et judiciaires dans l’exploitation du travail forcé des enfants pour la récolte et le séchage du tabac organisée depuis notre territoire cantonal, ou pour n’importe quelle autre activité. Faites-le savoir à tous les élèves.

-          Exigez par écrit la fin immédiate et sans condition de la production et de l’entérinement de faux dans les titres par les « juges » vaudois et fédéraux. Exigez que tous les cas de faux dans les titres commis jusqu’à présent par des « juges » soient punis conformément aux art. 251 et 254 CPS. Faites-le savoir à tous les élèves.

-          Prouvez uniquement par des actes vérifiables même par les plus jeunes élèves du secondaire que vous respectez concrètement les valeurs enseignées par l’école vaudoise en matière de fumée et drogue, Droit de l’homme et de l’enfant, sauvegarde de la forêt tropicale, développement durable, éducation à la citoyenneté et à l’environnement, respect des générations futures, respect des lois et règlements. Luttez contre l’obésité, et commencez par la vôtre.

-         Les directeurs et les enseignants de tous les établissements scolaires publics vaudois doivent en plus demander PARDON à tous leurs élèves pour ne pas s’être opposés de toutes leurs forces à l’extension de la firme très criminelle Philip Morris à Lausanne (dans les années 1993-4, puis 2003-4).

 

C’est seulement quand tout ceci aura été pleinement réalisé que, s’il reste encore de la délinquance juvénile, l’on pourra lutter contre elle, par l’éducation et/ou par la répression. Mais aussi longtemps que tout ceci n’aura pas été réalisé, vouloir lutter contre elle sera non seulement inefficace, mais aussi pervers. Car d’une part ce serait exiger de nos jeunes qu’ils nous respectent alors que nous volons ce qui appartient aux générations futures, donc aussi à leurs propres enfants et petits-enfants ainsi qu’à eux-mêmes, d’autre part ce serait obtenir d’eux qu’ils ne soient plus que des veaux à qui l’on pourrait refiler n’importe quoi, par exemple des théories antisémites et des chambres à gaz, ou bien le génocide par Philip Morris des habitants des forêts tropicales, génocide qui a déjà lieu aujourd’hui avec la bénédiction active et enthousiaste des fonctionnaires du DFJ, de la HEP et de la direction des écoles de Lausanne.

Haut de page

 

Pas beaucoup d’illusion…

 

Vous avez ci-dessus un exemple totalement explicite de lutte réussie contre la délinquance juvénile et l’incivilité des jeunes. J’ai agi, je ne suis pas un « ilfo », un « iaka ». Je n’offre pas de belles théories, mais des actes réussis, c’est bien plus utile. Cependant il s’agit d’une expérience empirique, et tout ne peut pas forcément être transposé tel quel à n’importe quelle situation. Ce sera à vous d’adapter. Je tiens pourtant à ce que vous sachiez que cette lutte n’aura pas de succès sans que les conditions ci-dessus soient satisfaites. En tout cas mon expérience le montre, et je ferai mon possible pour que ça reste ainsi

 

Pour que ces conditions soient satisfaites, il faudra aussi que les hauts fonctionnaires, « juges » et politiciens vaudois cessent de recevoir des pots-de-vin des lobbies de l’automobile et du pétrole – or Jean-Marc Schwenter, ancien procureur général du Canton de Vaud, en reçut de Ramuz-Edelweiss, et il devrait ne pas être le seul, loin de là. Et surtout il faudrait qu’ils renoncent à ceux offerts par la firme Philip Morris, la grande championne mondiale de la violation des lois et installée chez nous. Hélas, pourrions-nous imaginer Daniel Brélaz, les autres municipaux lausannois, les « juges » vaudois (sans Éric Brandt) et fédéraux se passer des « cadeaux » offerts par cette championne mondiale du pot-de-vin depuis 1976 ? Il ne faut pas se faire d’illusion, par suite la délinquance juvénile a encore de longs et beaux jours devant elle…

 

 

Confirmation de tout ceci par des personnes faisant références en Suisse et à l’étranger : Isabelle Chassot, cheffe de l’instruction publique fribourgeoise,  les protagonistes du film Gros mots petits sabots et ceux du film-culte Rhythm is it !

 

Ce qui différencie économiquement un enfant d’un adulte, c’est que l’enfant vit au crochet de l’adulte, parent surtout, qui le nourrit, l’habille, le loge. Pour l’enfant, c’est normal et parfaitement honorable. L’adulte au contraire doit s’assumer. Or les adultes de ce canton vivent largement au crochet des générations futures et des populations du tiers monde. Il est temps que ceux qui se veulent être des repères pour les jeunes, les directeurs d’école comme Benoît Mesnier par exemples, vivent enfin en adultes et assument eux-mêmes leur transportation et leur train de vie en général. Malheureusement un éducateur cité ci-dessous constate le « refus de prendre une position d’adulte ». Ses paroles, pourtant tellement vraies, restent ignorées.

 

Voilà des personnes que les gens de ma génération devraient écouter tellement davantage. Commençons par Isabelle Chassot, cheffe de l’Instruction publique fribourgeoise.

Les élèves vaudois et genevois, dont les cantons hébergent Philip Morris (Marlboro) et Reynold’s (Camel), fournissent les plus mauvais résultats scolaires de toute la Suisse, selon le rapport PISA. (PISA est un système de comparaison scolaire national et international - le meilleur pays européen est la Finlande). Isabelle Chassot, la cheffe de l’Instruction publique fribourgeoise, expliqua pourquoi son canton avait fait, au contraire, les meilleurs résultats suisses**. Ça n’a rien à voir avec la pédagogie (l’art de bien enseigner rapport à qui on enseigne) ni avec la didactique (l’art de bien enseigner rapport à la chose enseignée), ni avec les dernières réformes, mais ça s’explique par la morale (on parle d’éthique) et par les rapports de confiance entre les acteurs de l’école : élèves, parents, profs, reste de la société.

** lundi 9 mai 2005 sur les ondes de la RSR La Première (émission Forum)

Fermer la fenêtre

 

Du cinéaste Frédéric Gonseth, « Gros mots petits sabots » tient du documentaire et du film à scénario. Il y met en scène une équipe de jeunes d’une institution éducative de la région lausannoise et leurs éducateurs. Tous y jouent leur propre rôle pendant une semaine d’excursion à la montagne passée avec des chevaux.

Les deux éducateurs cités ici ont prononcés des paroles qui revêtent certainement une importance mondiale. Voici Claude Bianchi, à la 12e minute :

Je pense qu’en effet ce sont des enfants qui ont été trahis, trahis par des adultes. Par des parents, par des responsables scolaires ou éducatifs, par d’autres adultes de leur entourage. Et ils n’ont plus confiance dans les adultes. À quelque part, il y a quelque chose qui est gravement blessé, gravement détruit ou en tout cas bien amoché.

Juste après, son collègue Jean-Marie Piemontesi complète : Ces enfants ne peuvent pas faire confiance aux adultes. D’entrée, on est des ennemis. Eux, ils ont quand même pris des coups sur la tête.

Jean-Marie Piemontesi s’exprime dès la 57’36 :

Les enfants doivent savoir qui est l’adulte. Et je pense que l’une des difficultés de ce monde actuel est que les adultes refusent… Enfin les enfants continuent à jouer leurs jeux ; moi je pense qu’il n’y a pas de changement depuis… longtemps. Par contre où il y a un changement, c’est ce refus des adultes de prendre des positions d’adultes. Et quand je dis prendre une position d’adulte, ce n’est pas écraser, ce n’est pas…

c’est simplement de dire : « Je suis adultes, j’ai passé par là, j’ai fait ça aussi. Ça, ce n’est pas admissible ».

 

Le chef d’orchestre Simon Rattle, successeur (?) d’Herbert von Karajan à la tête du Berliner Philharmoniker Orchester et le chorégraphe Royston Maldoom se sont lancé le défi de monter le ballet classique « Le Sacre du Printemps » d’Igor Stravinsky avec principalement des jeunes défavorisés de la banlieue de Berlin.

Ils y réussirent et c’est le thème du film-culte « Rhythm is it ! » des cinéastes Enrique Sanchez Lansch et Thomas Grube.

Images :

Ci-contre à gauche : Royston Maldroom à la fin du film ; à droite lors des premières répétitions du « Sacre ».

 

 

À la fin du film, le chorégraphe Royston Maldoom dit ce qu’il pense sur la signification du Sacre du Printemps. Le sacrifice d’une jeune personne pour que les divinités fassent revenir le printemps l’année suivante est un mythe très ancien dans la vieille Russie païenne. Ce serait tellement souhaitable que des gens comme Benoît Mesnier et bien d’autres consommateurs frénétiques écoutent l’actualisation que Royston Maldroom fait du Sacre :

Images :

Ci-contre, à gauche, le Berliner Philharmoniker Orchestra, à droite son chef Simon Rattle.

Nous faisons tous constamment notre possible pour tenter d’assurer la perpétuation de la vie, ainsi que la nôtre. Je pense que nous avons désormais compris que nous nous y prenons très mal. À une époque comme celle-ci, ça me fait du bien de revenir à l’idée que nous sommes responsables de l’avenir. Le Sacre du Printemps, c’est simple : Nous faisons un sacrifice pour que la Terre s’épanouisse à nouveau. C’est une idée qui date des origines et que nous avons oubliée, sans nul doute. Et puis, pour aller plus loin, j’ai l’impression que, bien des siècles plus tard, nous sommes toujours prêts à sacrifier nos enfants et leur avenir à notre profit égoïste et immédiat.

 

Voici de nouveau la phrase de Royston Maldoom que tous ces adultes de chez nous devraient méditer… pour changer complètement leur manière de vivre et l’image tellement néfaste d’eux-mêmes qu’ils donnent aux jeunes :

Et puis, pour aller plus loin, j’ai l’impression que, bien des siècles plus tard, nous sommes toujours prêts à sacrifier nos enfants et leur avenir à notre profit égoïste et immédiat.

 

 

Blaise Golay