Message pour la réunion du 1er mars. Dans l’impossibilité d’y venir, je transmets par poste électronique ce message.

 

La pénibilité de notre métier découle de la délinquance juvénile ou de l’incivilité des jeunes, elles-mêmes découlant de la destruction des repères dont les jeunes ont absolument besoin pour grandir.

Voici les causes principales de la destruction des repères indispensables aux jeunes :

 

  1. Depuis plus de 4 ans le développement durable est inscrit dans la Constitution fédérale. Il est enseigné dans les écoles. Or le rapport Monet sur son application est accablant : « Plus que jamais nous vivons sur le dos des générations futures » (Le Courrier du 11.11.03). Les adultes punissent les jeunes désobéissant aux règles qu’on leur impose, mais ils transgressent à leur tour les lois concernant le futur de nos élèves et souillent l’environnement dans lequel nos jeunes et leurs enfants élèveront les leurs après nous. Et après l’on ose s’étonner que nos jeunes n’aient plus de repères et « pètent les plombs » !
  2.  Par devant, on leur colle 2 heures d’arrêt si on les chope à fumer. Par derrière, les autorités politiques y compris les municipaux des écoles les y poussent en se prosternant devant Philip Morris, Reynold’s, etc.:malgré leur pub ciblant les jeunes, donc interdite par 4 lois suisses. Résultat : ces firmes renouvellent à raison de 85% leur clientèle par les enfants. Les adultes violent les lois, les enfants sont punis s’ils les imitent. Et après l’on ose s’étonner que nos jeunes n’aient plus de repères et « pètent les plombs » !
  3. On leur enseigne que le travail forcé des enfants est scandaleux, et qu’il faut à tout prix sauver la forêt tropicale, très menacée. Philip Morris exploite à mort le travail forcé d’enfants africains et déboise à fond la forêt tropicale, tuant les gens qui en vivent. La Direction des écoles lausannoise (avec le reste de la municipalité) offre à Philip Morris un faux dans les titres et transmet à la population lausannoise la promesse par Philip Morris de créer 700 places de travail. Promesse qu’elle sait être fausse. Elle offre à cette firme encore un parking de 700 places alors que la limite est de 500, et alors que déjà sans parking les normes de l’Opair sont déjà complètement dépassées. Elle se fiche des élèves et des valeurs qu’on leur enseigne à l’école. Et après l’on ose s’étonner, etc.
  4. Selon les statistiques de l’OFS, les adultes polluent inutilement avec leurs véhicules. Certes leurs trajets, comme ceux des élèves, sont nécessaires, mais leur motorisation est abusive[1], le plus souvent. Chaque année, ils tuent, en polluant l’air, 900 personnes en Suisse. Et coûtent 7 milliards de francs au reste de la société. La pollution se mêle aux pluies, qui deviennent acides et corrodent les vélos des élèves, surtout leurs parties vitales, même celles en aluminium, supposées ne pas rouiller. Quoiqu’ils soient seuls fautifs de cette pollution qui tue, certains d’entre eux interdisent et empêchent les élèves de parquer leur vélo à l’abri des pollution et pluies acides à l’école. Ils augmentent la probabilité d’accident. Car la rouille et les pluies acides finissent par bloquer dans leur gaine les câbles de frein des vélos passant de longues matinées immobiles sous la pluie. Ce qui précède tombe sous le coup des art. 74 de la Constitution fédérale et 59 LPE (principe du pollueur payeur). Et constitue des actes de vandalisme au sens de l’art. 144 CPS. Certains adultes punissent les élèves surpris à des actes de vandalisme (sur des voitures…) mais d’autres en commettent sur les vélos des élèves, et dans l’impunité totale. Faut-il s’étonner alors que les élèves « pètent les plombs ? » Notons que les lobbies des voitures / pétroles sont, comme les cigarettiers, aussi des grands déboiseurs de forêt tropicale et, par suite, de grands exterminateurs d’hommes, de femmes et d’enfants.
  5. Il y a encore bien d’autres points comme ceux-ci : le  racisme, les règles de la circulation routière, etc. C’est avec le racisme que les adultes sont le plus incohérents.

 

En conclusion. Les adultes détruisent systématiquement et méthodiquement les repères dont les jeunes ont besoin pour grandir. Pour remédier à la délinquance juvénile, ils doivent remettre en question leur manière de vivre et les intérêts des gros lobbies des cigarettes / voitures / pétrole. Mais ça, ils ne le veulent pas tous. Car ces lobbies distribuent bien trop de «cadeaux». Donc la délinquance juvénile a encore de bien longs jours devant elle. Si l’on arrivait malgré tout à diminuer cette délinquance sans altérer le mode de vie actuelle des adultes, scolaires compris, donc si l’on obtenait des jeunes un respect pour les adultes et leur obéissance aux règles qui leur sont fixées, sans que les adultes obéissent aux leurs et s’arrêtent de souiller la Terre sur laquelle les jeunes vivront après nous, alors le mensonge et l’hypocrisie deviendraient les premières matières enseignées, avant toutes les autres, l’allemand, les math, etc.

Blaise Golay

 

[1] Selon l’Office Fédéral de la Statistique cité par l’ATE dans son livre « Ecomobile », les 60% de tous les trajets pendulaires effectués en Suisse avec un véhicule à moteur privé sont le fait d’individus ne transportant qu’eux-mêmes sur  £ 4 km. On peut donc extrapoler ces valeurs à 80-90% et 10 km sans grand risque de se tromper.


 

 



[1] Selon l’Office Fédéral de la Statistique cité par l’ATE dans son livre « Ecomobile », les 60% de tous les trajets pendulaires effectués en Suisse avec un véhicule à moteur privé sont le fait d’individus ne transportant qu’eux-mêmes sur  £ 4 km. On peut donc extrapoler ces valeurs à 80-90% et 10 km sans grand risque de se tromper.